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Sur l'exposition Modulations de Philippe Guesdon
Chapeau : « Une œuvre qui se donne à lire, débarrassée du besoin de signifier pour laisser le spectateur libre d'inventer sa propre cohérence.
Source : Le Vivat (
http://www.levivat.net)
Texte : « Une œuvre qui se donne à lire, débarrassée du besoin de signifier pour laisser le spectateur libre d'inventer sa propre cohérence.
Obsédé depuis longtemps par la calligraphie, il a choisi depuis un certain temps Dürer, c'est-à-dire un matériau certes encore proche de nous par son caractère figuratif, mais qui garde néanmoins le mystère de langages dont nous avons déjà perdu la clé, comme l'alchimie ou la prière. Par son travail sur un détail de la gravure, qu'il agrandit et réarticule, il évacue le narratif, c'est-à-dire, en fait le signifié ne gardant que le signifiant, d'autant plus concret que l'œil ne peut s'attacher qu'à lui , incapable d'y lire désormais le sens originel, sinon par bribes éparpillées. »
F.Jonnet
Durant une période de sa carrière, Philippe Guesdon reprenait des détails de dentelles qu'il agrandissait pour faire des peintures de grands formats. Le détail de la dentelle prenait alors une nouvelle dimension graphique, pour devenir pur motif et révéler l'importance du rapport entre la matière et la lumière.
Aujourd'hui, les compositions labyrinthiques de ses toiles sont formées de détails choisis de gravures d'Albrecht Dürer (fin XVème - XVIème siècle), qu'il revisite avec minutie au pinceau, grâce à des poudres métalliques mêlées aux acryliques selon des étapes bien précises. Il interroge, questionne, la logique, l'organisation, la systématisation. « Je découpe les images en bandes horizontales ou verticales. Je peins comme un enfant démonte un jouet, pour en comprendre le fonctionnement...» Dans sa démarche recueillie et ritualisante, le peintre ne contrôle pas tout, il laisse de la place aux accidents, à l'imprévisible, pour un résultat toujours inattendue, presque inexplicable.
Pour l'exposition « Modulations » au Vivat, Philippe Guesdon a suspendu ses grands pans de lin fripés. Des toiles libres (sans châssis), pour qu'elles respirent, qu'elles flottent, qu'elles vivent, qu'elles se révèlent différentes à chaque exposition, à chaque interprétation, à chaque heure du jour et de la nuit...
Entre abstraction et figuration, la peinture de Guesdon attire d'abord le spectateur par ce qui l'attache au réel pour le conduire vers l'indicible, la sensation pure. Chacun s'approprie ses peintures par une histoire personnelle, un imaginaire pour qu'une fois de plus ses toiles mènent une vie fantomatique et inconsciente chez chacun. Ensuite, vient l'observation du rapport entre les couleurs, les formes, les formats et l'espace, pour une relecture de sa peinture plus détachée du réel qui libère les esprits.
Du 25 février au 26 mars
Date de publication : 24/02/2005
Inséré le : 24/02/2005 00:00