Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!

Rencontre avec Tiago Guedes

Trio est un espace, plus q'une chorégraphie...

Chapeau : Quatrième pièce du jeune chorégraphe portugais Tiago Guedes, Trio détourne

Source : Le Vivat (http://www.levivat.net)

Texte : Quatrième pièce du jeune chorégraphe portugais Tiago Guedes, Trio détourne nos repères à travers d'étranges rituels chorégraphiques et interroge la place de l'interprète sur scène.

Trio est un espace, plus qu'une chorégraphie...

« Quelles différentes perceptions pouvons-nous avoir d'une même représentation ?, se demande Tiago Guedes. Mes projets commencent toujours par des questions soulevées dans mes précédents spectacles. » Dans Matériaux divers, solo remarqué la saison dernière au Vivat, le jeune chorégraphe effectue selon un ordre très mystérieux une série de mouvements, tour à tour abstraits, poétiques ou ludiques. Dans un second temps, figurant un paysage, une rivière ou une mer agitée avec quelques matériaux simples (pages de journaux, bande adhésive, ciseaux), il reproduit les mêmes gestes qui prennent alors tout leur sens.

Superpositions et variations. Trio, sa nouvelle création présentée en avril2005 au Vivat puis au Portugal (Tiago Guedes sera en résidence à Armentières en février et mars prochains) prolonge la recherche initiée dans Matériaux divers. « Je travaille cette fois-ci autour d'une seule image chorégraphique forte et ses différentes transformations. Je peux la reproduire, la multiplier ou la supprimer, sans perdre son Odegré zéro, son radical,précise le chorégraphe. Avec des actions imprévues, des mécanismes cachés, l'espace du plateau devient un véritable protagoniste qui est maître de la situation et conditionne les lectures. L'interprète perd sa position centrale pour se placer au même niveau que la lumière, les matériaux ou le son.

Matière malléable, en constante mutation, le corps des trois danseurs (deux hommes dont Tiago Guedes et une femme) se tient disponible pour « être utilisé » par les éléments constitutifs du spectacle. Il peut disparaître derrière des toiles ou se fondre dans une foule de personnes. «J'aime l'idée que des spectateurs puissent s'insérer dans notre travail chorégraphique pour le transformer et se l'approprier », poursuit le chorégraphe. Une trentaine de figurants amateurs seront donc « recrutés » au printemps, à Armentières comme à Lisbonne, et invités à se joindre aux danseurs sur le plateau.

Un corps qui bouge. Avec quatre pièces en cinq ans, Tiago Guedes a déjà obtenu plusieurs récompenses en tant que chorégraphe. Il aime échanger avec des plasticiens ou des dramaturges et préfère, dans ses spectacles, l'intelligence ou l'ironie à l'effort et aux sentiments. « La danse s'est développée comme les arts plastiques ont pu le faire au début du XXe siècle avec le réalisme, l'abstraction, le minimalisme ou le surréalisme. Elle nous offre aujourd'hui des approches très différentes: la danse moderne contemporaine, la performance, des courants plus orientés vers les arts plastiques ou le théâtre. Et c'est ça qui me plaît. Je suis libre de choisir les instruments les plus adaptés à ma démarche. »
Pour Tiago Guedes comme pour Raimund Hoghe qui présente Sacre The Rite of
Spring au Vivat le 18 mars, un corps qui bouge sur scène, c'est déjà du mouvement, donc de la danse. Raimund Hoghe journaliste et écrivain allemand reconnu, homme de théâtre et dramaturge de Pina Bausch de 1980 à 1990 a fait de son corps, petit, déformé et donc marginal, une prodigieuse façon d'être au monde. Sur la célèbre partition de Stravinski, Raimund Hoghe et le jeune performer Lorenzo de Brabandere composent, à travers des rituels humains choisis, un hommage à la mémoire du temps qui passe, une ode à la transmission, un hymne à la liberté.



Date de publication : 05/01/2005


Inséré le : 05/01/2005 00:00