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Qui sont-ils ?
Laure Delamotte –Legrand, Iinuma Hideki,
Chapeau : Laure Delamotte-Legrand est née à Rouen...
Source : Le Vivat (
http://www.levivat.net)
Texte : Laure Delamotte-Legrand est née à Rouen. Elle s'intéresse aux postures des mannequins qu'elle a relevés dans des magazines de mode. Après avoir répertorié toutes ces poses corporelles devant l'objectif, elle constate que toutes celles-ci sont pour la plupart du temps les mêmes. Dans sa démarche artistique elle récupère des affiches publicitaires et retrace des semblants de corsets au trait rouge sur celles-ci, afin de définir les différents points de contact entre les mains et le reste du corps. Dans la suite logique de ce travail elle crée des corsets moulés en résine qu'elle essaiera de porter par la suite pour des prises photographiques. Trop rigides ces corsets seront alors exposés dans une installation en réponse aux affiches disposées autour. Elle fabriquera alors des corsets en feutre rouge qui sont disposés sur des portants tels que des vêtements en magasin. Elle réalise le projet « Posture » à Dieppe où elle expose ses corsets dans une boutique du centre ville. Les passants sont alors amenés par leur curiosité et le lèche vitrine à entrer dans la boutique. L'artiste explique sa démarche et invite le passant à pose avec le corset de son choix dans un studio situé derrière la boutique. Le passant devient modèle et fait l'expérience d'une séance de pose photos de mode. Cette expérience fait ressentir combien les postures de mode sont contraignantes pour le corps. Elles magnifient le corps et le modèle, dans des postures gracieuses. L'artiste se fait alors photographe de mode le temps du jeu de la mise en scène. Elle traite des corps normés et des gestes stéréotypés de la mode. Après avoir répertorié les différentes poses des mannequins, elle crée des corsets pour contraindre ses modèles à les reproduire et à glisser leur chair dans le corps de l'image.
IInuma Hideki s'inspire des magazines de mode pour ses sculptures de jeunes filles en bois. A la différence de l'imagerie de la mode véhicule des visages de femmes heureuses ou mystérieuses, ici leurs regards dégagent une tristesse inhabituelle, un non-dit pourtant inhérent au monde de la mode. Ses sculptures paraissent alors plus naturelles que la photographie de mode. Elles prennent la pose et questionnent l'humanité qui se cache derrière cette culture de l'artifice. Il met en scène ses sculptures dans des paysages, où chacune d'elle semble poser devant l'objectif. En regardant son œuvre on retrouve indéniablement une influence des mangas dans le traitement des couleurs et du dessin. Les japonais sont friands des produits occidentaux comme nous le sommes des produits asiatiques. C'est à travers un regard japonais que l'artiste nous fait part de son ressenti sur la mode, et d'une culture globale.
Ludovique Tollitte travaille le dessin, la peinture, le collage et la gravure. Une grande partie de son travail s'axe autour du souvenir d'enfance et plus récemment autour de la séduction et du désir, de la féminité. Elle a réalisé un grand livre animé « Rose » qui montre une femme dans le désir du regard de l'autre. Elle réalisé un ensemble de gravures sur le thème « désir/plaisir ». Elle rassemble ses réflexions sur le désir dans des carnets de travail qui guident et accompagnent chaque réalisation. Elle a réalisé un livre sur ses souvenirs d'enfance pour les éditions du Seuil. Elle travaille sur le désir des adolescentes qui cherchent leur identité de femme. Les images idéales de la féminité, du regard de l'autre, de la pluralité de personnage en soi, d'être à la fois en soi et à l'extérieur, sont autant de questions que soulèvent ses dessins et sa peinture. L'artiste présentera 15 gravures de 20cm/30cm réalisées pour cette exposition. Les œuvres présentées ci-dessus vous donneront une idée du style de traitement plastique de l'artiste.
Agnès Hardy travaille la vidéo. Elle met en scène la femme dans des paysages pseudo romantiques, avatars de mythologies...références à toutes cultures « bon marché ». Pour cette artiste la robe est porteuse de fantasmes désuets et d'une nostalgie d'un romantisme kitsch. C'est cette dialectique entre la femme ridicule et la femme sublimée que l'artiste cherche à retranscrire.
Date de publication : 02/12/2004
Inséré le : 03/12/2004 00:00