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ETAPE DE TRAVAIL Avec Julie Nioche
Date : vendredi 13 novembre 19h30
Source : Le Vivat (
http://www.levivat.net)
Genre Agenda : danse
Rubrique : 2009-2010
Julie NIOCHE chorégraphe
nossolitudes4.jpg (titre : nossolitudes4.jpg / )
Légende : "Nos solitudes" Julie Nioche
du 13/11/2009 19:30 au 13/11/2009 21:00
Salle : Le Vivat, Scène conventionnée
Place Saint-Vaast
03 20 77 18 77
ARMENTIERES 59280 France (Nord-Est)
Texte : Entrée libre, sur réservationDans “Nos solitudes”, la danse déborde encore une fois vers la métaphore scénique. Cette fois-ci pour faire entrer le spectateur dans un état de suspension. En suspension du réel, suspension de ses peines, de ses maux et de ses attaches.
“Nos solitudes” parle de ces temps où l’on se regroupe en soi-même pour trouver un peu de réconfort, pour trouver une solution ne dépendant plus de personne, la solution la plus proche de soi.
C’est à travers le temps compté du spectacle que la danse se construit de l’une à l’autre de “Nos solitudes” et évoque le plaisir d’être seul à plusieurs en soi-même.
Ce spectacle tente de ramener chacun à une écoute de lui-même par un envol, parce que c’est un saut dans le vide que de s’écouter, se faire confiance et de s’en contenter.
C’est une chute perpétuelle qui met en scène un corps en suspension attaché dans les airs par des liens qui tissent l’espace d’une danse.
La scène devient la toile de nos attaches, de nos liens et de nos appuis.
“Nos solitudes” est un envol, un désir d’absolu, un défi envers la mort rendu possible par la machine du théâtre.
Car paradoxalement le corps a besoin de beaucoup d’attaches pour rester en l’air et en vie.
Il est ainsi relié par de nombreux fils à une série de contrepoids éparpillés dans l’espace. Dans cette toile d’araignée, le moindre mouvement est démultiplié et change l’équilibre du système précaire.
Les mouvements sont tantôt dus aux éléments qui s’érodent, tantôt à l’humain qui bouge sans raison comme le temps passe sans raison.
Elle, pourquoi danse-t-elle? pour du beau simplement? ou pour du rêve peut-être?
Par sa danse elle tricote un tissu de liens. Un berceau ...
Elle n’a que son corps en mouvement comme contrepoids face à ce qui se trame tout autour.
Un corps seul, en mouvement, solitairement accompagné.
L’équipePour ce solo, Julie Nioche a demandé à de proches collaborateurs de l’accompagner avec leur imaginaire et leurs propres solitudes. Ce solo a débuté par une envie de Julie Nioche d’être suspendue à une multiplicité de contrepoids pour créer une danse qui ferait “écho” dans tout l’espace. Sa danse se construira à partir de cette machine qui mettra en lien ses mouvements avec le reste de l’environnement.
C’est avec la scénographe Virginie Mira que s’élaboreront cette machinerie et cette mise en scène de liens et de tissages.
Le musicien Alexandre Meyer avec qui travaille Julie Nioche depuis 4 ans élaborera la musique à partir de paroles intérieures et des bruits de la scénographie.
Barbara Manzetti, danseuse et chorégraphe assistera à l’ensemble de la création comme ½il extérieur.
Gabrielle Mallet a transmis la pratique de massage d’où est parti ce projet.
Point de départ
En 2007, je suis partie en Inde pour éclaircir les relations que je fais entre art et soin. J’y ai rencontré les maîtres de Kalaripayat pour mettre en parallèle leur parcours et le mien. Le leur a commencé par une pratique intensive du Kalaripayat, l’art martial ancestral indien, et, pour passer Maîtres ou ‘Guru’, ils sont devenus soigneurs. La connaissance de la médecine des “Marmas” (points vitaux) fait partie de leur enseignement. Ils doivent aussi bien savoir blesser que soigner.
Personnellement, je suis partie d’une pratique de la danse que j’ai complétée par une pratique de l’ostéopathie.
Dans les deux parcours, la pratique de l’art est imprégnée par la pratique du soin et inversement, le soin est lié à une dimension artistique et philosophique. En Inde, la gestuelle artistique des danseurs et acteurs porte le même nom que leur médecine: “l’Ayur veda” qui veut dire la “science de la vie”, et le rapport entre le savoir gestuel et la médecine y paraît évident depuis des siècles...
Quel est l’art du soin ? Quel est le soin de l’art ?
L’Inde prête aux arts un rôle primordial dans la création de l’univers . Lors de mon voyage, une dimension nouvelle de recherche s’est ajoutée à celles de la médecine et de l’art : celle de la spiritualité qui est au c½ur de tous les systèmes de valeurs. Au contact de deux enseignants, l’un en médecine Kalari et l’autre en yoga, pendant près de 2 mois, j’ai pu goûter dans ce court temps leur façon de mettre en relation art, médecine et spiritualité.
C’est ainsi que cette recherche est devenue une expérience en soi, comme un massage ou encore un spectacle qui nous ouvre à une autre façon d’être et de ressentir.
Par cette étude de la médecine Kalari et du Yoga qui associent pratique de corps, pratique de soin, philosophie et spiritualité, je tente de faire le parallèle avec la pratique de la danse qui offre une pratique corporelle, une pratique de soin mais dont je ne connais ni la portée philosophique, ni spirituelle...
J’étais partie avec ces questions en tête et toute la recherche s’est transformée elle-même en un art, en « art du mouvement », le mouvement même de chercher. J’ai été transformée dans ma façon de me mettre en mouvement… pas uniquement la mise en mouvement physique mais les prémisses, les implicites et les projections de la mise en mouvement. Ma recherche était au départ “une demande quant au savoir” et s’est transformée en “une expérimentation en tant que rencontre”, un autre genre de connaissance .
Le mouvement n’est plus simplement un savoir-faire mais est devenu une façon de me mettre en relation à l’autre et de m’adapter.
C’est dans cet espace interrelationnel que je fais le lien entre art et soin. Si l’art du soin est d’offrir un espace d’écoute sans jugement où il est possible de se réparer en laissant libre cours à soi-même, le soin de l’art se trouve dans l’espace-temps privilégié qu’il offre : un espace théâtral certes, mais où l’écoute peut-être en-dehors des rôles quotidiens et où les sentiments peuvent être en prise directe avec une autre idée de la réalité.
Le soin que propose l’art est un “dynamisme” procuré par la force de la beauté et du rêve.
Le soin que propose l’art est de réveiller le désir.
La rencontre avec la culture et l’histoire médicale de l’Inde a rendu évidente l’intuition qui m’a poussée il y a 9 ans à mettre en relation l’ostéopathie avec ma pratique artistique. La rencontre avec ce continent a intiment modifié ma façon de mettre en lien l’art et la vie, m’enseignant l’expérience d’une confiance en mes intuitions.
Un des proverbes des yogi dit : “Il y a les gens qui cherchent à être parfait et il y a les gens qui cherchent la perfection de leur imperfection. Qui est le plus heureux?” - “Celui qui vit ses imperfections de façon parfaite, car il vit à partir de lui-même et non dans l’utopie de devenir quelqu’un d’autre.”
Je propose “Nos solitudes” comme un espace onirique pour évoquer ce temps qui fait son travail de métamorphose en lenteur. Julie Nioche
Inséré le : 04/06/2009 09:54