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Un peu + sur Presto jubilato...
Source : Le Vivat (
http://www.levivat.net)
Texte : Composée de séquences burlesques, violentes et tendres, où textes et danses s’entremêlent, cette chorégraphie pour 13 corps disparates parle de la folie. Sans aucune appréhension, Nikki Swennen a su mettre l’extravagance d’interprètes formidables (patients d’hôpital psychiatrique, danseurs, comédiens, acrobates) au service d’une vision très personnelle de l’exclusion. Les musiques de Vivaldi accompagnent cette incursion impudique, touchante et très émouvante dans le monde d’une communauté magnifique si proche de nous.
"En amont de cette chorégraphie signée par Nikki Swennen, une immersion de l’artiste en hôpital psychiatrique, une matière philosophique impressionnante, une réflexion élaborée sur la folie, et la volonté de créer un corps dansé à partir de corps déréglés. Nikki Swennen construit un spectacle qui va chercher très en avant sa légitimité en l’être humain. La représentation est le fruit d’un séjour à l’hôpital psychiatrique Esquirol de Limoges. Elle est bâtie avec les « malades », les « patients ». Ils sont sur scène alimentant de leur présence l’inquiétante étrangeté qui s’ouvre à nos yeux. Avec eux, quatre danseurs et deux comédiens. La folie qu’interroge Nikki Swennen, comme pure conscience non altérée, vierge et sauvage, est inscrite dans les corps, lorsqu’ils se lâchent et nous trahissent. Cette folie est fugace, fragmentaire, elle relève de l’éparpillement et du chaos. Elle se capte mais ne se fixe pas. Elle est hypothèse, et non affirmation, supposition et non diktat. Pour ces raisons, la folie a tout à voir avec la danse qui, d’un mouvement, déplace les frontières, d’un geste décale les perceptions, et révèle sans mot superflu l’animalité, le monstrueux, le difforme ou le dissemblable. L’expérience artistique de Nikki Swennen avec les personnes hospitalisées en psychiatrie lui a enseigné que la folie nous parle d’humanité. Comme une évidence, elle considère qu’elle s’adresse à chacun de nous." Joël Gunzburger,Directeur du Théâtre d’Angoulême- scène nationale
Parcours Nikki Swennen abandonne des études de psychologue clinicienne pour se consacrer à la recherche chorégraphique, en travaillant d’abord sur le solo et sur le portrait. Implantée à Limoges, elle y poursuit un travail avec les patients du service psychiatrique du centre hospitalier Esquirol dès 2000. A partir de février 2004, elle est accueillie en résidence de création dans ce service pour la création de « presto jubilato / largo desolato ».
Inséré le : 15/03/2007 10:07