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Zoom sur Boris Charmatz
Source : Le Vivat (
http://www.levivat.net)
Boris CHARMATZ chorégraphe
Texte : À l’invitation de Boris Charmatz, le plasticien Gilles Touyard a conçu Programme court avec essorage, installation sur laquelle deux danseurs (Julia Cima et Boris Charmatz) exécutent une performance soumise aux aléas d’un cycle de lavage et aux lois de la force centrifuge.
« Le derviche tourneur est selon moi l'une des figures les plus emblématiques de la Danse : l'un des premiers réflexes du danseur consiste à travailler à partir de la rotation, que ce soit la ronde, les pointes... Le dispositif que je suis en train de réaliser génère ce mouvement et d'une certaine manière l'interdit : il met l’interprète en porte-à-faux et contraint son corps à se positionner différemment. Une sorte d’immobilité est générée par cette résistance au mouvement. Là, le corps du danseur réagit véritablement à l'espace et à la contrainte. Son savoir, ses années d'apprentissage technique deviennent obsolètes. Il est ramené à un rapport d'équilibre originel, à sa volonté farouche de s'exprimer vaille que vaille à travers son corps. Ne reste que l'essence de la danse...”
Gilles TouyardExtraits de presse :Les deux danseurs, derviches tourneurs d’aujourd’hui, montent sur des plateaux tournants, sans autre impératif que d’être soumis à la force centrifuge. La machine à laver est désossée, le moteur dans un coin, les tambours-plateaux dans un autre, la purge encore dans un autre. On voit les danseurs tourner sur écran ou sur les plateaux. Le programme est réellement celui d’un lavage, jusqu’à l’essorage (…). Toute l’idée de cette performance physique est de faire corps avec la machine, à défaut d’être expulsés par la force centrifuge. C’est réussi, jusque dans la gestuelle de résistance.
Marie-Christine Vernay, Libération, 25 mars 1999.La perfection et la maîtrise du mouvement ne les dirigent plus. C’est au contraire la contrainte et le risque d’une fragilité physique réelle qui leur donne matière à être en mouvement. Mais sachez, futurs spectateurs, que les danseurs ne sont pas seuls à résister. Liberté est laissée de s’installer n’importe où autour des installations ; vous allez être avalés par cette machine infernale. C’est une expérience organique, la vitesse, le tournoiement, la lutte des corps est éprouvante pour chacun.
Léonard Gewillt, La Griffe, novembre 1999.
Inséré le : 05/02/2007 15:56