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Un peu plus sur l'exposition "L'étoffe des songes"
Source : Le Vivat (
http://www.levivat.net)
Mirjam Fruttiger plasticien
Laurent Pernot plasticien
Texte : Paroles d’artiste
Laurent Pernot« La dimension de mon travail actuel est basée sur la représentation de l’être humain, en ceci qu'il expose une fragilité, laquelle suppose à la fois le caractère tragique et merveilleux de la vie. Depuis le début de mes recherches, j'ai expérimenté de nombreux supports afin de produire des installations, un film, des vidéos, des séries photographiques, des éditions et des compositions sonores, en sollicitant l'allégorie et la poésie. Ma démarche a toujours été influencée par les glissements possibles entre notions scientifiques et philosophiques, en particulier celles qui traitent de la conscience humaine et des particularités de la vie. Par ailleurs, en exploitant le caractère illusoire des images, j'essaie d'éveiller l’attention sur les interactions extraordinaires de l’homme, de son histoire, et de son environnement naturel, afin de rétablir un sentiment de fascination pour la vie ; un réenchantement. Au regard de l'univers, le genre humain ne figure qu'une tâche de lumière aux contours imprécis et qui ne scintillera que pour un temps seulement, lorsque le cercle du vivant se refermera sur lui-même, comme à la limite de la mer un visage de sable*. Nous sommes à la fois les passagers transitoires d'une machine silencieuse et les naufragés d'une explosion extraordinaire, blottis dans une société ou il est rare d'admettre que la conscience a ses limites... L'homme n'a pas été et ne sera jamais le centre du monde, ni l'aboutissement d'un projet dont les mythes et les religions (mirages de l'esprit) esquissent pourtant les plans et s'approprient des vérités. Ainsi, une autre dimension de mon travail fait référence à certaines icônes populaires, en empruntant parfois les chemins du cinéma fantastique ou expérimental, du documentaire, de la littérature, de la danse, du clip vidéo, etc.
Ma démarche repose ainsi sur l'exploration des ambiguïtés profondes de l'existence, par une approche sensible, et recentre l'attention sur une question essentielle : qu'est-ce que la vie ? » Laurent Pernot
L’univers de Laurent Pernot est peuplé de présences intermittentes, de corps que l’on ne peut saisir puisqu’ils ne sont que des particules de lumière. La projection (vidéo) les rend visibles, faisant alors de nous les témoins émerveillés de leur apparition. Mais à peine sommes-nous touchés par leur présence qu’ils disparaissent à nouveau, rendus à l’obscurité. Ils laissent parfois leur place à d’autres qui, à leur tour, nous interpellent puis disparaissent. Comme le dit Laurent Pernot, «ils clignotent entre la vie et la mort.» Un univers poétique, féerique même à première vue, une méditation...**.
*Michel Foucault, Les mots et les choses, éditions Gallimard, Paris, 1966
** Marie-thérèse Champesme, texte sur exposition personnelle, "Once upon a time", Fondation Miro, Espaï 13, Barcelone, 2005
Mirjam Fruttiger (plasticienne et chorégraphe)Propos sur l'installation en mouvement "LE VOYAGE D’ALICE".
« Au loin on aperçoit une forme blanche qui flotte dans les airs, une grande robe qui surgit de la pénombre. Robe de mariage ou de fête, présence fantomatique…fantôme ? Cette robe est à la fois signe et forme qui évoque un corps absent, une femme, toutes les femmes, tous les corps de la femme.
Alors cette robe se plie, se replie, se retrousse, lentement, doucement par le bas, dans une temporalité suspendue. Progressivement, dans un mouvement à peine perceptible, elle se métamorphose, devient matière, volume instable et chaotique. Le regard est saisi par le jeu des plis.
La surface- le corps même de la robe recueille alors toutes les tensions, les forces, les attraits d’un corps organique. La forme s’étire, se délimite et déjoue les attentes qu’elle a suscitées : la robe semble disparaître, anéantie ou avalée par son propre mouvement. Elle disparaît pour devenir un grand carré blanc qui surgit d’elle-même, tout en donnant l’impression d’avancer vers le spectateur. Tout se passe sur le même plan, à la surface sensible des choses, mais ce plan fait exister l’espace dans toutes ces dimensions.
Fond noir, carré blanc, le temps de la métamorphose est suspendu dans ce qui semble se donner comme aboutissement et ultime apparition. Mais l’immobilité n’est que provisoire parce qu’elle est livrée à l’omniprésence du devenir. Alors, le carré se replie à partir d’un centre où peuvent s’inscrire et se déployer tous les fantasmes. Et très lentement, dans un processus d’involution, la robe réapparaît, telle qu’en elle-même mais différente, définitivement marquée par les idées sensibles qui sont passées par elle. Une robe, le devenir, entre volume et surface, dévoilement et interdit : l’écran de nos rêves. » Mirjam Fruttiger
Inséré le : 30/01/2007 16:23
http://www.laurentpernot.net/